3 juin, 21 heures, au « papillon de nuit ». Je cus-sec mon verre(Ndla. Du verbe cus-sequer, vider son verre d'un coup.)
Moi : - Arnaud, je vais devoir y aller. A demain !
Arnaud : - Salut !
Je fais quelques pas vers la porte, mais une voix m'arrête en criant : attend ! Arnaud me court après. Il me tend un papier.
Arnaud : - Je l'avais oublié�Tiens, c'est pour toi !
Moi : - Qu'est-ce que c'est ?
Arnaud : - Je ne sais pas. Un garçon est venu, cette après-midi. D'après mon père, il est resté là 2 heures à ne rien faire, il avait l'air d�attendre quelqu�un�Tu ne lui aurais pas posé un lapin, par hasard ?
Moi : - Pas du tout, je n'avais aucun rendez-vous !
Arnaud : - Bref, il a fini par écrire ce mot et le donner à mon père, qui évidemment, te connaît.
Moi : - Merci. Salut !
Je sors du bar.
Un garçon qui me laisse des petits mots ? Je ne vois vraiment pas qui... Ou alors... Pas de conclusion hâtive, Claire, ne t'embarque pas dans tes rêves !
Un réverbère juste au-dessus d'un banc !
Je m'assois et déplie le papier.
« Salut Claire.
J'aurais voulu te voir aujourd'hui, mais tu n'es pas passée au café et je finis par t'écrire ce mot.
J'aimerais qu'on se donne un rendez-vous, un de ces jours. Appelle-moi sur mon GSM, s'il-te-plaît. 0436/32.19.66.
Tom K. »
Tom Kaulitz... M'a écrit... Pour demander... Un rendez-vous !
Mon cerveau travaille au ralenti, puis recommence soudain à marcher normalement.
On va très vite voir si c'est une blague. Mais, de qui ? Personne n'est au courant de ma rencontre avec Tom !
0.4.3.6.3.2.1.9.6.6.
Tom : - Allô ?
Moi : - Bon... Bonjour. C'est Claire Lutzan.
Tom : - Claire ! Je suis tellement content que le barman t'ait refilé mon mot ! Tu vas bien ?
Moi : - Oui, très bien ! En fait, j'appelais pour le rendez-vous que tu m'as proposé�
Tom : - Tu voudrais venir manger un morceau avec moi ?
Moi : - Oui ! Disons...Demain soir ?
Tom : - O.K. 19 heures, au «Galápagos ». Tu connais ?
Moi : - On m'en a parlé, je trouverai.
Tom : - ...Non ! ... C'est ça !
Moi : - Quoi ?
Tom : - Excuse-moi, je dois y aller... Alors... A demain ?
Moi : - Oui ! Salut !
***
J'arrive au restaurant à 18 heures 58, on ne peut pas être plus ponctuel !
C'est très chic, tout en restant pas trop coûteux. Un espèce de pingouin(costume noir et blanc) me saute dessus et me demande si j'ai réservé. Hum... Je n'en sais fichtre rien !
Heureusement, j'aperçois Tom derrière son épaule.
Moi : - En fait, je suis avec le garçon, là, table 7.
Pingouin : - Ah, bien ! Bonne soirée, mademoiselle !
Je m'approche de Tom à qui je souris.
Moi : - Salut.
Tom : - Salut ! Tu vas bien ?
Moi : - Encore mieux qu'hier soir !
Il y a un petit blanc quand un serveur nous apporte le menu.
Tom : - Heu... Qu'est-ce que tu veux manger ?
Moi : - Ben... Et toi ?
Tom : - Heu...(Ndla. Je sais, le dialogue n'est pas terrible, mais souvenez-vous de votre premier rancart, c'est pas toujours l'ambiance décontractée.)
Je ferme le menu.
Moi : - Tom� J'aimerais te poser une question.
Tom : - Laquelle ?
Moi : - Je me demande... Pourquoi tu es là, assis de face de moi ? Nous nous sommes déjà croisés 2 fois. La première, c'était un hasard, mais après ? Si j'ai bien compris, tu t'es arrangé pour que je puisse rencontrer le groupe, peut-être que tu m'avais trouvée sympa et que tu voulais me faire plaisir... D�ailleurs, je t'en remercie !
Tom : - De rien.
Moi : - Mais aujourd'hui, c'est différent. Tu m'as recherchée pour me donner rendez-vous. Je suis très heureuse, mais je suppose que tu ne traites pas toutes tes fans ainsi. Alors, ma question est : pourquoi ? Pourquoi moi, pourquoi toi ?
Tom me sourit d'un très beau sourire.
Tom : - Pourquoi je te recherche ? Pour plusieurs raisons. D'abord, je t'ai trouvée différente.
Moi : - Différente de qui ?
Tom : - Des autres fans. Au café, tu m'as parlé comme à un ami, tu ne m'as rien donné à signer ni posé des questions indiscrètes. Me dire ton admiration semblait...
Moi : - ...Me suffire.
Tom : - Ensuite, je... Je ne sais pas, il y a des gens avec qui tu te sens immédiatement bien, avec qui tu accroches. Voilà, j'ai eu cette impression pour toi.
Enfin, tu m'as inspirée !
Moi : - Moi ?
Tom : - Quand je suis rentré du café où on s'est vu pour la première fois, j'ai pris un bloc de feuilles et j'ai tracé le brouillon d'une mélodie pour une chanson qui n'en avait pas encore !
J'ai inspiré Tom ? !
Il retourne au menu.
Moi : - Maintenant que je sais tout ça, je peux te dire que moi aussi, je suis contente de te revoir.
Tom re-sourit, puis jette un dernier coup d'½il au menu.
Tom : - Tu as vraiment faim ?
Moi : - Franchement ? Non, pas du tout !
Tom : - On va faire un tour dans le parc, juste à côté ?
Moi : - Ouais, c'est une bonne idée !
Le parc n'est pas désert, mais pas bondé non-plus.
Moi : - J'aimerais te connaître mieux.
Tom : - C'est vrai, au fond, moi non plus je ne te connais pas ! On se fait une petite interview, toute gentille ? Et on est pas obligé de répondre si on ne veut pas, O.K. ?
Moi : - O.K., tu commences ?
Tom : - Parle-moi de ta famille.
Moi : - Heu... Sujet délicat.
Tom : - Pourquoi ? Tu sais, si t'as des problèmes familiaux, tu n'es pas obligée d'en parler !
Moi : - C'est pas vraiment ça. En fait, mes parents biologiques sont... Morts, à cause d'un accident de voiture.
Tom : - Je suis désolé...
Moi : - Tu ne pouvais pas savoir. J'avais 8 ans. A l'époque, je m'appelais Claire Mérigny et je vivais en Belgique... Car je suis belge.
Tom : - Tu es belge ? !
Moi : - Et oui ! Après un an dans un foyer belge, j'ai rencontré Laetitia et Ludovic, qui ont désiré me prendre en famille d'accueil, ici, en Allemagne. Je serai toujours sous leur tutelle jusqu'à mes 18 ans, et ensuite, je pourrai quitter leur maison, mais je ne pense pas le faire. Ce sont mes vrais parents. Je ne me souviens pas beaucoup de mes parents biologiques, ils m'avaient toujours mise en pension. Je ne peux pas dire que c'était des mauvais parents- je ne les ai pas assez connus- mais je ne me souviens que très peu d'eux. Juste leurs prénoms : Noémie et Marc.
Tom : - Ah�Et... Qu'est-ce que t'aimes comme genre de musique ?
Moi : - J'adore le rock, genre Greeday, Scorpions, les Red Hot Chili Peppers... Et Tokio Hotel !Et toi ?
Tom : - Je suis aussi très rock... Tu joues d'un instrument de musique, toi ?
Moi : - Du piano, depuis 2 ans. Et... Je joue surtout du piano pour m'accompagner quand je chante.
Tom : - Tu joues dans un groupe ? Vous vous produisez ? Qu'est-ce que vous jouez ?
Il est terriblement intéressé.
Moi : - Attends, dans l'ordre : non, je ne joue pas dans un groupe et non, je ne me produis pas régulièrement. Cela m'est déjà arrivé de chantonner lors de petites fêtes, mais plus depuis 8 mois. Et dernièrement, je ne chante et joue que mes propres chansons. Je les écris, puis les mets en musique.
Tu te rappelles, au café, je t'avais dit que vous aviez beaucoup de chance de pouvoir vous produire, et que d'autres n'avaient pas ce bonheur.
Tom : - Oui. Tu parlais pour toi ?
Moi : - En partie... C'est vrai, tu sais. C'est... C'est mon rêve, de pouvoir un jour sortir un C.D.
Comment tu l'as appris, toi, que t'allais faire des disques ?
Tom : - Ca ne m'est pas tombé dessus un jour, comme rien. Ca s'est passé progressivement. Lors d'une petite fête, quelqu'un qui travaillait dans la maison de disques nous a remarqués. Il nous a parlé, nous avons eu des entrevues et des tests avec des responsables et nous avons envoyé une démo et des partitions. Puis un jour, les portales ont sonné pour nous annoncer un futur que nous désirions de tout notre c½ur !
Moi : - Vous avez du être tellement heureux quand vous avez appris la nouvelle.
Tom : - Oui, très heureux ! On était un peu effrayé en sachant le travail que nous devrions produire, mais c'est comme ça et on s'est vite habitué.
Il y a un petit moment de silence après sa déclaration. Nous sommes tous les deux dans notre rêve.
Tom : - Claire.
Moi : - Oui ?
Tom : - Si je t'emmenais dans un studio, là, maintenant, tout de suite, est-ce que tu accepterais de me chanter une de tes chansons ?
Moi : - Heu... Oui, bien sur.
Tom : - Alors viens !
Tom me sourit et me prend par la main. Nous marchons silencieusement pendant 20 minutes pour arriver devant un haut bâtiment gris dont un néon signale que c'est le studio d'enregistrement «Golan ».
Il sourit une fois de plus et appuie sur le bouton de l'interphone auquel une voix répond. Il donne juste son nom et Tokio Hotel et la voix l'autorise à monter en même temps qu'elle débloque la porte.
Tom m'entraîne au 3ème étage où se trouve tout un matériel pour enregistrer, filmer et jouer de la musique.
J'aperçois un synthétiseur et, pendant que Tom va allumer, je m'installe pour jouer les accords de base.
Quand il revient dans la pièce, il s'assied bien en face de moi et me fait signe de commencer
Je joue l'introduction et chante une de mes chansons appelée «the best is yet to come » en observant attentivement son visage mais je n'y détecte rien, un masque d'impassibilité sinon ses yeux qui brillent plus que jamais !